المحمـــــدية مـــدينة الـــبـرتقــــال تـــــرحــــب بضيوفيها الكرام

Notices historiques sur la ville de Perrégaux

PERREGAUX.

Les habitants de Perrégaux, annexe de Saint-Denis-du-Sig, présentent la déposition écrite suivante :

Le village de Perrégaux, décrété il y a bientôt dix ans, souffre cruellement et dépérit de jour en jour, malgré la fécondité native du sol, par suite du retard apporté par la compagnie de l'Habra et de la Macta dans la construction du barrage, destiné, avec le chemin de fer, à donner la vie et la prospérité à notre localité.

D'après le cahier des charges, l'acquéreur des 24,000 hectares distraits du domaine de l'Etat devait livrer le barrage en octobre i867, si nos souveuirs sont exacts, et aujourd'hui, fin mai i868, les fondations sont à peine terminées, pour la partie qui se trouve

dans le lit de la rivière. De plus, la compagnie a, nous dit-on, obtenu un sursis, dont le terme nous est inconnu, pour terminer des travaux qui, vu leur marche plus que lente, ne seront achevés qu'après la ruine complète du village.

En présence de ces faits nous croyons devoir déposer : qu'il est souverainement regrettable que la compagnie de l'Habra ait pu prendre possession des terres à elle vendues avant d'avoir terminé les travaux qu'elle a entrepris ; qu'il est souverainement regrettable qu'on lui ait accorde la jouissance des eaux de la rivière pour irriguer une partie de ces mêmes terres, car il est à présumer, vu les deux années écoulées, si désastreuses pour la colonie et si favorables pour l'exécution des travaux du barrage, il est à présumer,

disons-nous, que, si l'acquéreur n'avait pas retiré de ses terres un profit suffisamment rémunérateur, il se serait empressé de faire les travaux dans les termes de son contrat. L'Algérie compterait un village de plus en pleine prospérité; cette vaste plaine de l'Habra, aujourd'hui encore presque déserte et inculte, aurait commencé à se peupler, serait en plein rapport, et pourrait mettre sur les marcbés publics les produits des 36,000 hectares que le barrage doit arroser.

.Nous demandons donc que l'Etat mette en demeure ladite compagnie de l'Habra et de la Macta d'avoir à terminer le barrage dans un bref délai, fixé irrévocablement, sous peine de voir prononcer sa déchéance, comme le portait le cahier des charges, et rpje l'exécution de Oiun.

ce magnifique travail soit confiée à des mains plus actives.

Nous croyons devoir demander encore une délimitation plus rationnelle du territoire de Perrégaux, en attendant qu'il puisse être érigé en commune de plein exercice.

Nous demandons donc que la rive droite ainsi que la rive gauche, qui dépendent du Sig, alors que Mocta-Douz qui se trouve être le centre de la plaine, rive gauche, dépend de Perrégaux , soient rattachées administrativement audit Perrégaux, qui, vu l'exploitation prochaine du chemin de fer, deviendra le point de ralliement et le centre d'affaires de toute la plaine, et nous croyons, en exprimant ce vœu, exprimer ceux du

plus grand nombre, pour ne pas dire de la totalité des habitants des deux rives.

Nous nous associons au vœu, qui a été si souvent exprimé, de voir l'Algérie assimilée à lu France et ses habitants jouir de tous leurs droits civils et politiques.

Suivent les signatures au nombre de trente-sept.

Les habitants de Perrégaux insistent ensuite sur la délimitation défectueuse du territoire de cette localité. L'administration de cette commune a son siège à Saint-Denis-du-Sig, de sorte que des colons qui habitent à 3o kilomètres du chef-lieu sont obligés de s'y transporter pour les affaires municipales, tandis qu'ils ne sont qu'à 5 kilomètres de Perrégaux même. La paroisse comprend une étendue de3o kilomètres. Tout montre que ce village a été jusqu'ici négligé par l'Administration supérieure : un courrier qui, pendant deux ans, y avait apporté les dépêches de la poste, n'existe plus. Les travaux du barrage de l'Habra, commencés depuis bien longtemps, ont été si peu activement poussés, que les colons manquent complètement d'eau. Cette année, ils n'ont pu faire aucune culture et ont été obligés de faire venir leurs légumes de Mostaganem ou du Sig. On payait l'eau 5o centimes la bordelaise; aussi beaucoup de familles ont été ruinées; toutes les autres sont entre les mains des usuriers.

Il faut presser les travaux du barrage. Ce n'est plus maintenant qu'une question de bras; en y employant un plus grand nombre d'ouvriers, on le terminerait cette année. Il faut, en tout cas, que le Gouvernement accorde de nouveaux fonds pour achever le canal d'amenée, dont les travaux menacent d'être suspendus, faute d'argent, et qui permettrait aux colons d'attendre l'achèvement du barrage-réservoir. Celui-ci permettra d'irriguer 36,000 hectares et de transformer promptement la plaine de Perrégaux.

MM. Brunet et Janaud, propriétaires à Perrégaux, remettent une déposition écrite, ainsi conçue :

Les habitants de Perrégaux, depuis dix ans, ont épuisé leurs forces et leurs moyens, bercés dans les promesses, toujours sans résultat, d'avoir de l'eau.

 

L'adjudication du barrage, et l'espérance d'avoir de l'eau en i867, comme le cahier des charges le prescrivait, les fit renaître; ils redoublèrent d'activité et employèrent tous les moyens pour attendre ce moment tant désiré, qui était leur salut. Aujourd'hui, cette population tout entière est abattue; elle est grevée d'hypothèques et ne peut se relever que si on avait de l'eau cette année. Un plus long retard la perdrait complètement. La complaisance du Couvernement, en donnant un sursis à la compagnie de l'Habra, qui est une compagnie riche, qui compte par millions, dit-on, ruine toutes les espérances d'un village et de ses environs, Oran. ei réduit à 1a misère une foule de familles. De l'eau, pas de complaisance avec les entrepre

neurs du barrage, et vous aurez un village riche et prospère. Une population entièrement agricole demande donc que les travaux du barrage soient poussés activement.

Les vœux de la population, qui a confiance dans l'avenir, et les intérêts de Perrégaux l'exigeant, nécessitent que le village soit érigé en commune : il est facile de comprendre que, dépendant du Sig, nous sommes toujours traités en bâtards.

Nous ferons observer aussi que la propriété est peu respectée et que l'autorité locale ne donne pas suite aux réclamations qui lui sont faites.

Nous ferons également remarquer que les chefs indigènes sont hostiles à tous les indigènes qui sont employés auprès des Européens, etc.

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