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Le tremblement de terre d' ARZEW du 24 juillet au 4 août 1912

Le tremblement de terre d'Arzew
Du 24 juillet au 4 août 1912.Le tremblement de terre.

C'est la fin de l'après-midi, la chaleur est tombée, les enfants jouent dans la rue, les femmes préparent le repas. Des portes mal gardées par des rideaux en tissus, s'échappent des odeurs de frita (9) aux côtelettes d'agneaux. Les bars sont pleins de joueurs de " Briska ". Il est environ dix-huit heures. Rien n'annonce la catastrophe imminente.

Tout-à-coup un bruit formidable retentit, la ville entière est frappée de stupeur. Un bruit assourdissant comme la détonation d'un obus effraie la paisible cité. Une violente explosion venait d'ébranler tout Arzew, accompagnée de grondements souterrains, pendant que des ondes vibrantes traversaient les rues et fissuraient les immeubles. Dans les maisons, les meubles se mirent à bouger et les tables avancèrent toutes seules. Tous les objets qui se trouvaient sur des étagères furent précipités au sol.

Dans la rue les gens s'arrêtèrent, d'abord étonnés puis inquiets, d'autres s'assirent par terre en attendant que ça passe. Les promeneurs virent éberlués la grosse lampe qui était suspendue au plafond de la mairie être projetée hors de son support et traverser par la fenêtre jusque dans la rue.

La première secousse sismique qui n'avait duré que quelques secondes venait de se produire. Elle n'avait pas provoqué de panique. C'était trop court, très violent, sans pertes de vies humaines, mais elle avait disloqué toutes les maisons, creusé des lézardes profondes dans les murs et les plafonds. Les habitants de ce charmant port près de Perrègaux, ne pensaient pas à cet instant que le cauchemar qui venait à peine de commencer, allait durer douze jours.

Quelques jours plus tôt, la ville entière frémissait de joie et se donnait entière à sa fête, les fameuses fêtes d'Arzew qui duraient plusieurs jours amenant leurs cargaisons de " touristes "Perrègaulois, Oranais et des environs;Tous les fêtards partis, les " employés " (13) de la mairie s'occupèrent une journée entière à mettre de " l'ordre " dans la ville. C'est à la fin de l'après-midi que débuta le tremblement de terre.
Dans la nuit suivante, et surtout le lendemain, six autres secousses moins violentes que celles de la veille secouèrent encore les maisons. Le cauchemar allait durer jusqu'au 4 août où l'on ne compta pas moins de 25 secousses. Toutes ont été plus ou moins semblables: d'abord on entendait une explosion puis un grondement souterrain et enfin des vibrations dans tous les sens. Ce qui a été remarquable, c'est que seule la première secousse a provoqué les formidables dégâts constatés, les autres n'ont fait qu'élargir ou accentuer les fissures et les lézardes mais sans en créer d'autres.

Les pauvres habitants d'Arzew ne savaient plus à quel saint se vouer. Les détonations et les secousses se produisaient de manière anarchique, tantôt la nuit tantôt le jour, il n'a jamais été possible de prévoir une heure ou une autre. La seule indication, mais on l'a constaté plus tard, c'est que les secousses survenaient à peu près toutes les deux heures.

Pourtant l'activité n'a pas cessé et bien que les grondements et les mouvements touchassent aussi la mer, les pêcheurs ont continué de sortir. D'ailleurs ce sont eux qui les premiers ont senti le tremblement dans la mer, il s'est produit une aspiration, comme si leur barque touchait le fond. Ils racontaient que de la mer ils ont vu les maisons bouger puis disparaître derrière un nuage de poussière, ce qui vous l'avez compris était très exagéré.

La plupart des immeubles et maisons avaient été touchés et bien que l'on pouvait encore y vivre, il fallait se rendre à l'évidence, tout devait être sinon reconstruit du moins reconsolidé. Les techniciens de la mairie et les experts dépêchés d'Oran et de Perrègaux, estimèrent que les maisons et bâtiments avaient perdu plus de 30 à 40 % de leur solidité et par là de leur valeur marchande. Comme les tremblements ne cessaient pas, la panique a commencé à naître chez certains qui n'arrivaient pas à calmer leur angoisse.

Rien n'y faisait, les encouragements, les conseils, les déclarations des scientifiques. La plupart des habitants ont résolu leur peur en dormant dehors à la belle étoile, l'époque le tolérait bien, les nuits étaient splendides. Il faudra attendre le 26 juillet pour constater que les secousses s'espaçaient dans le temps et qu'elles devenaient moins violentes. Malgré cela plus de 15.000 personnes quittèrent Arzew, et beaucoup s'installèrent à la suite de cette catastrophe dans d'autres villages.

La fin du séisme peut être datée sérieusement du 4 août 1912. Plus rien, plus de grondements, plus de peur, enfin dormir tranquilles. Il a fallu attendre quelques jours pour en être sûr. Les habitants recommencèrent à regagner leurs maisons pour évaluer les dégâts, ils étaient sérieux.
Mais que s'était-il passé au juste ? un tremblement de terre ! d'accord, mais les explosions ? des détonations extraordinaires qui n'ont pas eu les répercussions auxquelles on aurait pu s'attendre. La première secousse d'un rayonnement de 50 kilomètres s'est à peine faite sentir à Oran, comme à Perrégaux. Par contre tous les villages alentour,PORT aux POULES,La MACTA,Debrousseville,Mocta Douze, Damesme, Saint-Leu, Renan ont été un peu plus éprouvés, mais moins que Kléber, qui se situe au pied des pentes de l'Orousse. Monsieur L. Lapparent avait déclaré à l'époque qu'Arzew se trouvait sur l'épicentre des ondes sismiques.

Le docteur Bories auteur d'une étude sur le tremblement de terre d'Arzew émit l'hypothèse que l'explosion avait pu être produite par la pénétration subite d'eau de mer dans une poche de gaz hydrocarburés ou déplacement de gaz sous l'action d'une poussée d'origine profonde. Quoi qu'il en soit et malgré la terreur qu'inspire ces événements sur lesquels l'homme n'a aucune prise et qu'il ne peut que subir, ce tremblement de terre ne fut qu'une pâle réplique de ceux qui ravagèrent en 1908 les villes italiennes de Messine et de Reggio.

Quelques jours plus tard, le 18 septembre, à huit heures moins le quart, la population qui s'était remise peu à peu au travail a été de nouveau frappée de stupeur. Une violente secousse suivit de deux détonations très rapprochées presque aussi fortes que les premières du mois de juillet a semé la panique.

Les grondements souterrains et les vibrations ont fini de lézarder plus profondément les immeubles et les pêcheurs occupés à réparer leurs filets sur leurs barques, ont ressenti des mouvements venant du fond marin sur une mer d'huile.

Allait-on recommencer ? allait-on subir le même sort que celui d'Oran, qui on s'en souvient fut détruite presque entièrement le 9 Octobre 1790 ensevelissant plus de 3.000 personnes ? (14) Heureusement non ! cette secousse et ces détonations furent les dernières et les Perrègaulois et Oranais se mirent à l'ouvrage, il n'en manquait pas.

Il fallait reconstruire et consolider cette petite ville qui fut pendant un certain temps un simple poste militaire et qui maintenant est devenue un formidable port méthanier.

 JP Badia

 

 

 

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