المحمـــــدية مـــدينة الـــبـرتقــــال تـــــرحــــب بضيوفيها الكرام

l EAU a Perregaux

En 1877, le maire de Perrégaux, Jules Duforest, consignait ces quelques lignes dans sa notice historique:

<< Il serait injuste de croire que les premiers colons n’ont pas cherché à sortir de la situation qui leur était faite par le manque d’eau; en 1863 alors que les colons n’étaient qu’une trentaine, ils demandaient déjà d’être autorisés à construire à leurs frais, un barrage réservoir aux environs de Perrégaux, barrage primitif, il est vrai, mais qui ne leur aurait pas moins permis d’arroser leurs terres, comme l’étaient celles de l’Habra, par le barrage de Saint-Maur; il leur fut répondu que l’administration allait construire un grand barrage réservoir, à l’oued Fergoug; ils demandaient aussi d’établir une pompe qui aurait élevé l’eau de la rivière, pour permettre l’alimentation du village.

        

Parmi les pionniers de 1863, on note un certain Dupré de Saint-Maur qui donna son nom au petit barrage situé au nord-ouest de Perrégaux. Cette même année, Monsieur Dupré de Saint-Maur, riche concessionnaire de la société de l’Habra, propose au conseil général la construction d’un barrage dans la plaine de l’Habra sur l’oued Fergoug. Le colonel Deligny, commandant la province, estime le projet peu urgent et inique. Dupré de Saint-Maur ne se décourage pas et ouvre une souscription dans l’écho d’Oran, afin de construire le barrage aux frais des volontaires. L’autorité militaire, s’estimant outragée, fit passer en justice l’instigateur du projet et l’imprimeur.

Monsieur Dupré de Saint-Maur était concessionnaire dans la société de l’Habra. Il était aussi propriétaire de 2 000 hectares à Harbal près d’Oran. " Je ne viens pas chercher fortune, affirmait-il, je viens ici risquer une fraction de la mienne. Il est digne de savoir exposer ses capitaux pour rendre productive une terre arrosée du sang de tant de Français ". Enfin la construction du barrage débuta en 1865. L’ouvrage construit de 1865 à 1871, était un barrage-poids en maçonnerie hydraulique de 316 mètres de long flanqué en rive droite d’un mur de 30 mètres faisant un angle de 120° avec l’ouvrage central, et en rive gauche d’un déversoir de 125 mètres de long faisant un angle de 35° avec le prolongement de l’axe du barrage. Le déversoir était fait de deux murs verticaux réunis par un glacis en pente; sa crête était à 1,60 mètre en contrebas de la plate-forme du barrage.

La hauteur au dessus du thalweg était de 35 mètres; la hauteur totale au dessus du point le plus bas des fondations était de 43 mètres, la largeur maximum des fondations atteignait 33 mètres. La capacité totale de la cuvette était évaluée à 30 millions de mètres cubes.

Le déversoir est un des éléments nécessaires d’un barrage réservoir; son but est de servir à l’écoulement des eaux de crues lorsque le réservoir est plein. Il est construit en fonction du volume des grandes eaux. Sur l’Habra, le débit des crues était estimé entre 4 et 500 m3/s. Le 10 mars 1872, une crue exceptionnelle estimée à 700 m3/s provoqua la rupture du déversoir en créant une brèche de 55 mètres de longueur sur 12 mètres de hauteur. Le débit d’eau sortant de la brèche fut évalué à 5600 mètres cubes par seconde et plus de 200 000 m3 de déblais furent entraînés.

Il fut reconstruit sous forme d’un mur unique, profilé pour éviter les affouillements, basés sur de solides fondations après remplissage des excavations découvertes dans le rocher, et définitivement terminé en mai 1873 Le 15 décembre 1881, le barrage cédait à nouveau. Une crue de 850m3/s emporta 125 mètres du barrage sur la rive droite. Deux cent cinquante personnes furent noyées, ponts, et maisons emportés par les flots déchaînés. La reconstruction du barrage dura deux années, de 1883 à 1885, avec modification du profil et coûta 1.300.000 fr. En 1881, Guy de Maupassant se trouvait en Algérie. D’Oran, il décidait de se rendre à Saïda et rapportait plus tard dans ses nouvelles parues sous le titre *Au Soleil *:

" J’ai donc pris, avec un billet pour Saïda, le petit chemin de fer à voie étroite qui grimpe sur les hauts plateaux.

Après quelques heures de route on atteint les premières pentes de l’Atlas. Le train monte, souffle, ne marche plus qu’à peine, serpente sur le flanc des côtes arides, passe auprès d’un lac immense formé par trois rivière que garde, amassées dans trois vallées le fameux barrage de l'Habra. Un mur colossal, long de cinq cents mètres, contient, suspendus au-dessus d’une plaine démesurée, quatorze millions de mètres cubes d’eau.

(Ce barrage s’est écroulé l’an suivant, noyant des centaines d’hommes, ruinant un pays entier. C’était au moment d’une grande souscription nationale pour des inondés hongrois ou espagnols. Personne ne s’est occupé de ce désastre français.) " On sent bien à travers cette description que Maupassant voyageait accompagné d’un guide touristique. Louis Piesse évoquait longuement le barrage de Perrégaux dans le guide Joanne de 1882, Itinéraire de l’Algérie:

" En quittant Perrégaux, le chemin franchit l’Habra sur un pont en fer de 40 mètres et s’engage, par une montée, entre la route de l’oued El Hammam à droite, et les berges escarpées de l’Habra à gauche; elle s’élève jusqu’au col des juifs, ainsi nommé parce que six juifs y furent massacrés par des bandits arabes.

La route de Perrégaux à l’Oued El Hammam offre des sites très pittoresques. Le barrage de l’Oued Fergoug est d’un effet saisissant: la voie longe sur ce point le magnifique lac formé par le barrage et se trouve comme suspendue sur le flanc d’un escarpement de rochers presque à pic. C’est à Perrégaux que le touriste partira pour visiter le barrage (12 kilomètres). En suivant la route accidentée qui conduit à Mascara par Oued El Hammam, on aperçoit, longtemps avant d’y arriver, et se détachant sur un fond de montagnes boisées, une ligne blanche qui grandit immensément à mesure que l’on approche: c’est le barrage de l’Habra. Ce barrage construit au-dessous de la réunion de l’Oued Hammam, de l’Oued-Tezou et de l’Oued Fergoug, qui prend alors le nom de l’Habra, a une longueur de 478 mètres, y compris les 128 mètres du déversoir; sa hauteur est de 40 mètres; la partie bétonnée est de 7 mètres; enfin l’épaisseur de ce mur cyclopéen est de 38 mètres 90 c. à la base. L’eau arrêtée derrière le barrage forme un immense lac dont les bords semblent attendre des constructions, lac qui, se divisant en trois branches, remonte la vallée de l’Oued Hammam pendant 7 kilomètres., celle de Taourzout pendant trois ou quatre, celle de l’Oued Fergoug pendant 7. Les flots qu’apportent les trois oueds sont troubles, mais ils se reposent dans le lac et ils en ressortent bleus. La contenance du bassin est de 14 millions de mètres cubes. Cette eau s’écoule vers le bief inférieur par de puissantes vannes qu’un seul homme peut ouvrir au moyen d’un ingénieux mécanisme. Les travaux du barrage de l’Habra ont nécessité une dépense de plus de 4 millions de francs à la société Debrousse et Cohen, qui, en échange de cette immense entreprise, a obtenu une concession de 25 000 hectares dans la magnifique plaine de l’Habra, entre Perrégaux et la mer, à plus de 20 km de Perrégaux. C’est à M. Barrelier, ingénieur, constructeur du barrage et gérant de la concession, que nous devons les renseignements si intéressants qu’il nous a donnés sur place. "

Le barrage est à nouveau détruit en cette fin d’année 1881. Monsieur Louis Laurent, alors maire de Perrégaux et Monsieur Jules Duforest, conseiller général, obtiennent à Paris les fonds et l’assurance de la reconstruction du barrage. Dès 1882, les travaux étaient activement entrepris.

Sur la colline située sur la rive droite du barrage, on distingue une sorte de tour. Elle fait partie de " l’ingénieux mécanisme " décrit par Louis Piesse : le débit des eaux est réglé par deux énormes robinets et deux grandes vannes de chasse permettant d’évacuer les eaux en peu de temps. La tour située au sommet du mamelon est une cuve à eau où le liquide est élevé au moyen d’une pompe à bras. Cette eau est destinée au fonctionnement des deux presses hydrauliques qui commandent la manoeuvre des vannes rendue très facile puisqu’un seul homme peut alternativement les ouvrir et les fermer en quelques minutes.

La nouvelle rupture du barrage en 1927.

Il avait plu toute la semaine et en ce vendredi 25 novembre 1927, le niveau de l’eau ne cessait de monter obligeant les responsables du barrage à ouvrir les vannes d’évacuations à leur débit maximum. Cette opération ne suffit pas à diminuer la pression qui s’exerçait sur le barrage-poids. En 22 heures et 20 minutes, le plan d’eau s’éleva de 27 m 85!

Le samedi matin, à 10 h. 45, le barrage de l’Oued Fergoug, de 32 m de hauteur, se mettait à vibrer. Soudain le barrage fléchissait dans son milieu, s’ouvrait, et une énorme trombe d’eau jaillissait au point de rupture.

Le barrage est rompu. Une brèche de 16 m de hauteur sur 200 m de largeur, s’est formée au milieu du barrage. Une vague gigantesque se précipite vers Perrégaux emmenant avec elle les cinq à six mille mètres cubes de maçonnerie arrachés au barrage. Le débit de ce raz de marée terrestre atteint 2500 mètres cubes à la seconde. L’ingénieur subdivisionnaire Avargues put prévenir par téléphone le maire de Perrégaux, Monsieur Pascal Serres, qui fit donner l’alarme. Les cloches de l’église Saint-Martin résonnaient à tout va ainsi que le sifflet du dépôt de chemin de fer.

A Perrégaux, la population s’est réfugiée sur les hauteurs de la colline des planteurs, ou dans les étages des maisons qui lui paraissait être suffisamment solides pour résister à un tel cataclysme.

Enfin, trois quarts d’heure après l’annonce de la rupture du barrage, les flots torrentiels déferlaient dans les rues de Perrégaux, dans un vacarme assourdissant et angoissant.

La vague, puissante et dévastatrice, emporte sur son passage le pont métallique du chemin de fer; au dépôt des chemins de fer de l’état, les locomotives et les wagons sont soulevés, renversés, transportés jusque dans les rues de la ville. Les routes sont coupées, les vergers arrachés, les récoltes anéanties. L’eau submerge et dégrade la route Perrégaux Oran. Dans la ville, une cinquantaine de maisons n’ont pas résisté et se sont effondrées sous le choc et la poussée de cette force naturelle que l’on avait essayé de maîtriser. Dans les rues, la hauteur des eaux boueuses atteint deux mètres. Grâce à l’appel téléphonique de l’ingénieur du barrage, mais aussi du fait que la catastrophe se soit déroulée de jour, il n’y eut pas de victime à Perrégaux. On dénombra cependant quelques noyés dans la plaine, des indigènes essentiellement.

Dans la plaine, la vague a perdu de sa puissance et sa hauteur n’est plus que d’un mètre. Sa puissance s’est affaiblie en rencontrant sur son parcours différents obstacles: les routes et les voies de chemin de fer surélevées de Perrégaux à Mostaganem et à Sahouria, ont fait office de barrages tout au long de sa progression. Finalement le flot s’étale sur 20 km de largeur, couvrant la plaine de l’Habra d’une épaisse couche de limon.

En ville, l’eau s’est retirée. La boue et la vase ont recouvert les rues, ont envahi les caves et les rez-de-chaussées dont les planchers se sont écroulés.

Les secours s’organisent. Le 32° bataillon du génie de Hussein-Dey, prévenu à 17 heures, envoie à Perrégaux, sur ordre du Général commandant le 19° corps d’armée, un détachement constitué d’un chef de bataillon, de trois officiers et de 150 hommes. Le 28 novembre, le détachement est rejoint par des télégraphistes et des sapeurs du 45° bataillon du génie. Le lendemain, le 29 novembre, la compagnie de pionniers du 1° Régiment Etranger arrive à Perrégaux et cantonne sur wagons.

La légion Etrangère et une compagnie du 15° Génie remettent en état la voie entre Perrégaux et Bou-Henni.

Le Génie travaille à la remise en état de la gare de l’Etat.

Il pleut depuis huit jours en ce 30 décembre 1927; à Perrégaux, l’oued Habra coule à pleins bords. Le pont du chemin de fer menace d’être emporté d’un moment à l’autre. Par crainte d’une catastrophe, la compagnie P.L.M. a cessé dès le matin toute exploitation entre Perrégaux et Bou-Henni. Elle a en conséquence arrêté à 9h50, en gare de Bou-Henni, l’express Oran Alger ; le 31 décembre une nouvelle crue enlève le pont mixte constitué de route et rail sur 55m de longueur et 15 de large. Les télégraphistes rétablissent les communications, en particulier sur la ligne Perrégaux Mascara où elles sont coupées sur 2 km.

Le 31 décembre, le barrage de Saint-Maur, à 2 Km en aval de Perrégaux, cède à son tour.

Dès le 31 décembre, on décide de construire sur l'Habra deux ponts distincts. A l’emplacement de l’ancien pont, on projette de construire 3 travées de pont Pigeaud, expédiées de métropole. Mais la rivière emporte une des deux culées du pont le 6 janvier 1928, puis l’autre le 26 janvier. La brèche atteint alors 370 m. Le pont portant le nom de pont Tesson, en béton armé, a tenu bon malgré une brèche de 16 mètres derrière la culée de la rive droite. En 10 jours, les sapeurs réalisent un pont sur pilotis, seul lien de communication terrestre avec Oran en attendant les ponts Pigeaud.

Le premier pont Pigeaud est construit 500 m en amont de l’ancien pont, sur une partie de l’oued dont la largeur est de 77m. Les travaux débutent le 15 janvier et le premier pont est terminé le 23 mars 1928.

Le 29 mars 1928, le pont route construit sur l’Habra par le 32° bataillon est terminé et la compagnie PLM reprend l’exploitation de la ligne Alger Oran avec transbordement à Perrégaux. Quant aux Perrégaulois, l'heure était à la reconstruction et au nettoyage de la ville envasée par des tonnes de boue et de débris de toutes sortes. Aprés la découverte du pétrole au Sahara,et la création du terminal pétrolier à Arzew,la municipalité de Perrégaux ,contibua par l'apport d'eau à partiir du barrage FERGOUG,pour les besoins du site industriel et l'eau potable aux ménages.

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