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Innondations de Perrègaux en 1927

Le 10 mars 1872, une crue exceptionnelle estimée à 700 m3/s provoqua la rupture du déversoir en créant une brèche de 55 mètres de longueur sur 12 mètres de hauteur. Le débit d'eau sortant de la brèche fut évalué à 5600 mètres cubes par seconde et plus de 200 000 m3 de déblais furent entraînés.
Il fut reconstruit sous forme d'un mur unique, profilé pour éviter les affouillements, basés sur de solides fondations après remplissage des excavations découvertes dans le rocher, et définitivement terminé en mai 1873.

Le 15 décembre 1881, le barrage cédait à nouveau. Une crue de 850m3/s emporta 125 mètres du barrage sur la rive droite. Deux cent cinquante personnes furent noyées, ponts, et maisons emportés par les flots déchaînés. La reconstruction du barrage dura deux années, de 1883 à 1885, avec modification du profil .

La rupture du barrage en 1927.Novembre 1927
Graves inondations qui frappent Orléansville et sa région. Le barrage de Charon (aujourd'hui Boukadir), sérieusement endommagés par les catastrophiques crues qui inondèrent la région. (Le régime du Chéliff dans la plaine d'Orléansville, X Yacono, in Revue Af 1936 (1) 253.

Il avait plu toute la semaine et en ce vendredi 25 novembre 1927, le niveau de l'eau ne cessait de monter obligeant les responsables du barrage à ouvrir les vannes d'évacuations à leur débit maximum. Cette opération ne suffit pas à diminuer la pression qui s'exerçait sur le barrage-poids. En 22 heures et 20 minutes, le plan d'eau s'éleva de 27 m 85!
Le samedi matin, à 10 h. 45, le barrage de l'Oued-Fergoug, de 32 m de hauteur, se mettait à vibrer. Soudain le barrage fléchissait dans son milieu, s'ouvrait, et une énorme trombe d'eau jaillissait au point de rupture.

Le barrage est rompu. Une brèche de 16 m de hauteur sur 200 m de largeur, s'est formée au milieu du barrage. Une vague gigantesque se précipite vers Perrégaux emmenant avec elle les cinq à six mille mètres cubes de maçonnerie arrachés au barrage. Le débit de ce raz de marée terrestre atteint 2500 mètres cubes à la seconde. L'ingénieur subdivisionnaire Avargues put prévenir par téléphone le maire de Perrégaux, Monsieur Pascal Serres, qui fit donner l'alarme. Les cloches de l'église Saint-Martin résonnaient à tout-va ainsi que le sifflet du dépôt de chemin de fer.

A Perrégaux, la population s'est réfugiée sur les hauteurs de la colline des planteurs près du marabout de Sidi Abdelkader, ou dans les étages des maisons qui lui paraissait être suffisamment solides pour résister à un tel cataclysme.

Enfin, trois quarts d'heure après l'annonce de la rupture du barrage, les flots torrentiels déferlaient dans les rues de Perrégaux, dans un vacarme assourdissant et angoissant.
La vague, puissante et dévastatrice, emporte sur son passage le pont métallique du chemin de fer; au dépôt des chemins de fer de l'état, les locomotives et les wagons sont soulevés, renversés, transportés jusque dans les rues de la ville. Les routes sont coupées, les vergers arrachés, les récoltes anéanties. L'eau submerge et dégrade la route Perrégaux-Oran. Dans la ville, une cinquantaine de maisons n'ont pas résisté et se sont effondrées sous le choc et la poussée de cette force naturelle que l'on avait essayé de maîtriser. Dans les rues, la hauteur des eaux boueuses atteint deux mêtres. Grâce à l'appel téléphonique de l'ingénieur du barrage, mais aussi du fait que la catastrophe se soit déroulée de jour, il n'y eut pas de victime à Perrégaux. On dénombra cependant quelques noyés dans la plaine, des indigènes essentiellement.

Dans la plaine, la vague a perdu de sa puissance et sa hauteur n'est plus que d'un mètre. Sa puissance s'est affaiblie en rencontrant sur son parcours différents obstacles: les routes et les voies de chemin de fer surélevées de Perrégaux à Mostaganem et à Sahouria, ont fait office de barrages tout au long de sa progression. Finalement le flot s'étale sur 20 km de largeur, couvrant la plaine de l'Habra d'une épaisse couche de limon.

En ville, l'eau s'est retirée. La boue et la vase ont recouvert les rues, ont envahi les caves et les rez-de-chaussées dont les planchers se sont écroulés.

Les secours s'organisent. Le 32° bataillon du génie de Hussein-Dey, prévenu à 17 heures, envoie à Perrégaux, sur ordre du Général commandant le 19° corps d'armée, un détachement constitué d'un chef de bataillon, de trois officiers et de 150 hommes. Le 28 novembre, le détachement est rejoint par des télégraphistes et des sapeurs du 45° bataillon du génie. Le lendemain, le 29 novembre, la compagnie de pionniers du 1° Régiment Etranger arrive à Perrégaux et cantonne sur wagons.

La légion Etrangère et une compagnie du 15° Génie remettent en état la voie entre Perrégaux et Bou-Henni.
Le Génie travaille à la remise en état de la gare de l'Etat.

 


Il pleut depuis huit jours en ce 30 décembre 1927; à Perrégaux, l'oued Habra coule à pleins bords. Le pont du chemin de fer menace d'être emporté d'un moment à l'autre. Par crainte d'une catastrophe, la compagnie P.L.M. a cessé dès le matin toute exploitation entre Perrégaux et Bou-Henni. Elle a en conséquence arrêté à 9h50, en gare de Bou-Henni, l'express Oran-Alger ; le 31 décembre une nouvelle crue enlève le pont mixte constitué de route et rail sur 55m de longueur et 15 de large. Les télégraphistes rétablissent les communications, en particulier sur la ligne Perrégaux Mascara où elles sont coupées sur 2 km.
Le 31 décembre, le barrage de Saint-Maur, à 2 Km en aval de Perrégaux, cède à son tour.
Dès le 31 décembre, on décide de construire sur l'Habra deux ponts distincts. A l'emplacement de l'ancien pont, on projette de construire 3 travées de pont Pigeaud, expédiés de métropole. Mais la rivière emporte une des deux culées du pont le 6 janvier 1928, puis l'autre le 26 janvier. La brèche atteint alors 370 m. Le pont portant le nom de pont Tesson, en béton armé, a tenu bon malgré une brèche de 16 mètres derrière la culée de la rive droite. En 10 jours, les sapeurs réalisent un pont sur pilotis, seul lien de communication terrestre avec Oran en attendant les ponts Pigeaud.

Le premier pont Pigeaud est construit 500 m en amont de l'ancien pont, sur une partie de l'oued dont la largeur est de 77m. Les travaux débutent le 15 janvier et le premier pont est terminé le 23 mars 1928.

Le 29 mars 1928, le pont route construit sur l'Habra par le 32° bataillon est terminé et la compagnie PLM reprend l'exploitation de la ligne Alger-Oran avec transbordement à Perrégaux. Quant aux Perrégaulois, l'heure était à la reconstruction et au nettoyage de la ville envasée par des tonnes de boue et de débris de toutes sortes.

Par le perrègaulois Patrick PERRALTA,dont je salue le travail remarquable concernant notre ville Perrègaux.

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